Bildausschnitt Fritz Ohle, Landesmuseum Detmold
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En 1889, et jusqu'en 1908, la commune de Vandoeuvre, possède trois écoles situées dans le village:

  • Une école de garçons laïque (actuellement au 3 rue de Villers)
  • Une école de filles congréganiste (maison associative)
  • Une école maternelle, appelée aussi "salle d'asile" (à l'emplacement de l'école Bellevue)

L'école de garçons, (pour laquelle des réparations ont été faites en 1784) a été créée antérieurement à celle des filles, fondée en 1770, par Madame la Comtesse de Neuvron, en exécution des dispositions testamentaires de feu son père.

La salle d'asile, quant à elle, a été créée en 1839, et s'est installée en 1850 dans un local dont  donation a été faite à la commune par monsieur de Saint Beaussant.

Exemple de fréquentation à la fin du XIXe siècle: 59 garçons et 60 filles, de 6 à 13 ans, et 75 enfants pour l'école maternelle. Plusieurs "écarts" qui dépendent de la commune de Vandoeuvre, se trouvant plus proches de Nancy, voient leurs enfants scolarisés dans les écoles de cette ville.

(Source: Monographie de Francomme).

Vers 1908, une nouveau bâtiment est construit à la place d'une ancienne bergerie, il  accueille les élèves de 6 à 13 ans, dans 4 classes (2 de garçons et 2 de filles), au rez-de-chaussée, et la mairie au premier étage, ainsi que des logements de fonction pour les instituteurs.

La rentrée des classes se faisait le 1er octobre, après les travaux des champs ou de la vigne, pour lesquels les enfants aidaient leurs parents. L'école était obligatoire jusqu'à treize ans, les  enfants passaient alors le certificat d'études, et ensuite travaillaient pour la plupart. 

Les familles les plus aisées inscrivaient par la suite, les garçons à l'Ecole supérieure, et les filles, à la pension, où elles recevaient une éducation pour les former à être des futures maîtresses de maison. Les cours de couture, savoir-vivre, piano, éducation ménagère, leur étaient dispensés.

Les deux mois d'automne passaient bien vite et les enfants attendaient la première neige avec impatience. Les hivers d'antan! C'était la joie pour eux...en allant à l'école sur la "place de la mairie", il leur arrivait de s'étendre sur une belle neige vierge pour faire "leur portait" en laissant l'empreinte de leur corps. Le poêle de la classe ronflait, préalablement rempli par le garde- champêtre. Les petits sabots se rangeaient dans le couloir et la classe pouvait commencer, d'abord la leçon de morale écrite au tableau:

"Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place" 

"Le temps perdu ne se rattrape jamais." 

Puis un chant, et les enfants sortaient leurs affaires du cartable: un plumier, un crayon de bois, une craie, une ardoise, un porte-plume avec une plume de rechange, un chiffon.

Chaque jour, une dictée et un problème.

A l'école d'autrefois, il y avait des punitions : le cahier attaché dans le dos, le portage du bonnet d'âne, la mise à genoux, le tirage d'oreilles et les coups de règle sur les doigts.

Mais il y avait aussi les récompenses : en fin de mois, un bon carnet de notes permettait d'obtenir des " billets de satisfaction" qu'on appellera plus tard, des " billets d'honneur". 

La croix d'honneur était remise aux meilleurs élèves. Elle était suspendue à leur cou à l'aide d'un ruban, ou épinglée sur leur blouse pendant une semaine.

Après 4 heures, les enfants qui habitaient loin (Chiennerie, Noir de fumée, Dernier sou), repartaient l'hiver, à la nuit noire, dans les rues non éclairées, souvent mal chaussés, et c'était beaucoup de fatigue ...les mamans avaient cependant mis les chaussons dans le four entrouvert de la cuisinière, pour qu'à leur arrivée ils puissent réchauffer leurs pieds.

Les enfants qui habitaient près de l'école, se retrouvaient pour faire des parties de luges, défendues bien sûr! Le garde- champêtre y veillait, mais la descente étant rapide, il ne pouvait sévir. Quelques personnes âgées jetaient des cendres encore chaudes en  ligne, pour faire obstacle à la glissade, mais avec la vitesse, les petits " tape-culs", équipés de fer à glace, volaient par-dessus !!

Durant les autres saisons, les enfants sortaient les cerceaux dirigés par un bâton, pour leur faire dévaler la pente de la rue principale, ou allaient "mamailler" au bout du village, sous le pont de la mine.

A la fin de l'année scolaire, la remise des prix était un événement important pour lequel les" habits du dimanche" étaient de rigueur.