Bildausschnitt Fritz Ohle, Landesmuseum Detmold
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La génération des soi-disant enfants de la guerre, nés entre 1901 et 1914, a grandi dans un environnement d'autorité, de contrainte, d'entraînement, de patriotisme et de sacrifice inconditionnels. L'objectif de devenir soldat et de pouvoir se battre pour la patrie était un désir normal pour un garçon allemand à l'époque de l'Empire. L'influence du caractère militaire de l'époque se reflétait aussi à Lemgo à travers les soldats de la garnison :

"Surtout nos jeunes se sont félicités de la vie militaire, ils accompagnaient les troupes dans leurs marches, prenaient part à leurs exercices dans le Grevenmarsch et chantaient avec eux les belles chansons de soldats. Nous avons vu le creusement de tranchées, écouté les exercices nocturnes, entendu le rugissement des grenades et des mines. On pouvait ainsi se faire une petite image des travaux et des prestations de nos héros sur le front". (chronique de l'école de St Johann).

Lors de la mobilisation générale, de nombreux élèves femmes et hommes s'étaient enrôlés dans l'armée en tant que volontaires de guerre, également à Lemgo.

« Après les jours de pénitence, le 5, les volontaires s'enrôlèrent. Quel grand nombre de volontaires provenant de notre communauté ! 32 élèves de l'école St Johann se sont enrôlés depuis 1905, pleins de joie pour répondre à l'appel de leur empereur bien aimé : au total, au 1er octobre 1915 - 32 jeunes dans la fleur de l'âge.  Que Dieu soit avec vous ! Vous, nos courageux volontaires de guerre ! Bienheureux celui qui sait mourir pour Dieu et sa chère patrie ! Votre noble nom sera immortalisé !» (chronique de l'école de St Johann).

Ou de la chronique de l'école de Wiembeck :

"Les jeunes étaient particulièrement impatients. Ils avaient peur d'arriver trop tard et auraient tellement souhaité y participer aussi. (…) Les classes supérieures des écoles supérieures quittaient les pupitres et s'enrôlaient sous le drapeau ; parmi eux, il y avait de jeunes hommes d'à peine 17 ans et qui souvent parcourraient 5 ou 6 garnisons en priant d'être enrôlés. La formation durait à peine 10 semaines, de sorte que certains parvenaient à peine à savoir utiliser le fusil quand ils partaient au champ de bataille, et les exploits accomplis en Flandre par ces jeunes Allemands (parmi lesquels figuraient de nombreux citoyens de Lippe) qui prenaient d'assaut les tranchées ennemies en chantant l'hymne national allemand sont inoubliables. Mais la mort avait fait une récolte cruelle parmi eux et maintenant il est inconcevable et désolant pour nous maintenant de voir comment il était possible d'envoyer des enfants si insuffisamment préparés et formés à une mort certaine. Mais à l'époque, on avait besoin de relève !"

De nombreux bacheliers ou même des élèves des classes supérieures du lycée de Lemgo s'étaient également enrôlés volontairement dans l'armée pour servir la guerre.  Selon la publication du 350e anniversaire de l'école, les volontaires étaient : Theodor Gleis (Bethel), Fritz Kampmann (Lieme), Friedrich Klemme (Brake), Erich Krügermeyer (Lemgo), Heinrich Kuhlmann (Lemgo), Hans Lindemann (Lemgo), Johannes Schmidt (Lemgo), Ernst Tewesmeier (Brakelsiek), Siegwart Volland (Lemgo), Theodor Waubke (Bielefeld), Walter Wiegrebe (Barntrup), Heinrich Brinkmeier (Wahmbeck), Martin Brinkmeier (Hardissen), Karl Corvey (Hohenhausen), Georg Fassemeier (Bentorf), Wilhelm Höthker (Lemgo), Karl Klein (Dillenhütten), Friedrich Varenholz (Lemgo), Karl Wachsmuth (Oerlinghausen), Wilhelm Mesch (Laubke), Fritz Müller (Lemgo), Erich Fleege (Lemgo), Fritz Begemann (Wendlinghausen), Erich Kuhlemann (lemgo), Friedrich Brandes (Lemgo) et Ernst Trabant (Lemgo). Une plaque commémorative pour les élèves morts à la guerre réalisée plus tard par Walter Stein portait plus de ces noms...

Les étudiants plus jeunes qui n'avaient pas encore été enrôlés ou qui étaient trop jeunes pour pouvoir s'enrôler dans l'armée comme volontaires de guerre pouvaient d'abord participer aux exercices des brigades de jeunesse.

La base pour le travail des brigades de jeunes à Lippe était le décret prussien concernant la préparation militaire de la jeunesse pendant la mobilisation. Le groupe ciblé était les jeunes entre 16 et 20 ans qui devaient recevoir une préformation militaire. Dans ce domaine, des associations d'anciens combattants se sont également engagées ; la formation était aux mains d'anciens soldats (vétérans). La direction à Lemgo était assurée par le directeur de lycée Schurig. À Brake, une brigade de jeunes s'était formée presque en même temps sous la direction du médecin-conseil Dr Alter (Lindenhaus). Selon un rapport du Lippische Post du 3 décembre 1914, il y avait à cette époque à Lippe 3 000 garçons qui avaient intégré les brigades de jeunes. Elles étaient régies sur le principe du volontariat, même si l'on exerçait une pression en lançant des appels constants aux sentiments patriotiques, à l'« honneur » et à la conscience du devoir des jeunes. Depuis novembre 1914, des articles orientés dans ce sens étaient publiés régulièrement dans le Lippische Post.

À la suite de cette publicité, le 8 novembre 1914, environ une centaine de jeunes se rassemblèrent dans la cour du lycée de Lemgo. On commença par des exercices, qui n'apportèrent pas le succès escompté, de sorte que davantage de soirées d'exercice furent mises en place, qui eurent lieu deux fois par semaine en décembre 1914. L'acquisition de l'équipement nécessaire fut soutenue par la ville avec 500 marks (LP, 15/12/1914).

L'assiduité des jeunes aux exercices était problématique. Dans un article dans le Lippische Post du 28/09/1915, paru un encouragement à y participer, car aussi en raison des sorties (convocations, volontariat) la participation menaçait de chuter. En outre, les employeurs (en particulier les artisans) n'étaient pas vraiment ravis que leurs apprentis prennent part à ces exercices, car ils manquaient à l'entreprise. «Une fois de plus, nous nous adressons aux parents et aux employeurs avec une demande pressante : envoyez les jeunes à la compagnie de jeunes !»

La mise en place des brigades de jeunes a de toute évidence été interprétée par un homme d'affaires comme une opportunité pour y promouvoir sa gamme d'armes à feu : annonces du journal pour des armes à feu pour les jeunes (LP, 24/12/1915).

À la fin de la guerre, la situation des jeunes fut présentée différemment ; ces «jeunes garçons» étaient désormais considérés comme étant des agitateurs (LP, 14/05/1918). « (...) la jeunesse se sent, du fait que presque tous les hommes, plusieurs milices, sont sur les champs, libres et sans contrôle ; elle mène son jeu à sa guise». Les châtiments corporels avaient été vivement recommandés comme antidote éprouvé.

Le VIIe corps de l'armée publia le 13 décembre 1915 un règlement qui interdisait la vente de tabac et de boissons alcoolisées de toutes sortes aux jeunes de moins de 16 ans. La présence dans les cafés et pâtisseries sans accompagnement d'un adulte, la visite des salles de cinéma et d'autres théâtres ont également été interdites. Le séjour sur certaines places et dans certaines rues pouvait être interdit afin d'éviter d'«errer sans but» (LP 24/12/1915).

Dans les protocoles du conseil de la ville, on trouve aussi de multiples références à des jeunes qui ne se comportaient pas conformément aux règles en vigueur.

La journée scolaire était marquée par la pénurie d'enseignants. Les jeunes enseignants servaient en tant que soldats, seuls restaient les plus vieux et/ou non aptes au service.

Le sacristain Knappmeier rapporte rétrospectivement dans sa chronique scolaire sa charge de travail :

"Pendant la guerre mondiale, du 1er août 1914 jusqu'au 14 janvier 1919, le premier enseignant local assumait le travail du deuxième poste d'enseignant. Il donnait 42 à 45 heures de cours par semaine, les heures de travail supplémentaires n'étaient pas rémunérées. Dieu a été d'une aide merveilleuse. Nous le remercions pour toutes ses bénédictions ! Les enfants étaient constamment nourris d'événements et d'expériences de guerre. L'enseignant appréciait beaucoup l'attention et la diligence dispensées dans des conditions difficiles - de manque de travailleurs - de besoin de lumière - de maladies (grippe) -, mais surtout l'esprit grave et pieux de ses enfants. Ces quatre années de guerre ont été et resteront des moments inoubliables. Que ces valeurs éternelles marquent le cœur et l'âme, pour former l'esprit et le caractère des élèves ! »

La journée scolaire avait également été influencée par diverses et nombreuses campagnes de collecte de fonds, comme on peut le constater dans la chronique de l'école de Wiembeck :

"Si la grande capacité d'abnégation et l'esprit de sacrifice du peuple prussien en 1813 avaient déjà été soulignés dans beaucoup d'histoires et tableaux, en 1914 ils n'étaient pas moindres ! À l'école de Wiembeck, un poste de collecte de la « Croix-Rouge » a aussi été mis en place. Au cours du premier hiver, 21 pièces de tissu en lin, 31 serviettes avaient déjà été collectées. 18 draps, 30 chemises. Beaucoup de femmes de la communauté se réunissaient dans la salle de classe pour préparer des choses, plusieurs machines à coudre étaient utilisées, d'autres femmes s'occupaient de la découpe ou de coudre à la main, afin que les produits puissent être livrés dans le poste principal de collecte à Detmold. Mais l'activité de collecte ne s'arrêtait pas là. Une photo nous donne un aperçu de la variété et des quantités qui avaient été collectées dans notre école [...]. En janvier et février 1917, une grande collecte de lard eut lieu à la demande du maréchal Hindenburg, en soutien aux travailleurs dans l'armement, la dénommée collecte de Hindenburg, pour laquelle notre communauté apporta environ 60 kg de lard. Ce fut un très bon résultat, étant donné que dans le pays tous les aliments étaient rationnés depuis longtemps et que chaque personne avait droit à seulement 50 livres de poids de carcasse de porc».

À l'école St Johann en 1917 :

« Le 5 février, notre classe supérieure a joyeusement participé à l'achat de bois de chauffage en provenance de la forêt pour les personnes démunies qui habitaient dans les zones urbaines et rurales. - Les deux collectes pour le don de Hindenburg ont eu beaucoup de succès. Dans notre communauté habitée uniquement par des soi-disant petites gens : 140 kg ont été collectés ou apportés volontairement. De nombreux donateurs ont renoncé à être payés. - Un certain nombre de jeunes a volontairement porté sur des traîneaux du charbon et du bois aux femmes de soldats et a donc contribué à sa façon au « service d'assistance».

Encore à Wiembeck :

«Le printemps de 1918 a apporté un très beau temps. Déjà à la mi-avril, les travaux dans les champs avaient pu se terminer et le 23 avril, la forêt était verte. Un bel été sec a suivi. Le bétail trouvait peu de nourriture dans le pâturage. Au front, les chevaux manquaient aussi de nourriture. Dans toutes les écoles, un appel fut lancé pour dépouiller les feuilles des haies et des jeunes hêtres et les livrer à l'état vert ou séché, moyennant rémunération, dans les centres de collecte. L'argent était payé pour la plupart par des enseignants directement aux enfants, certains élèves utilisaient l'argent pour l'achat de matériel scolaire. Les habitants ont fait neuf collectes, les cours ont donc été annulés. La quantité relativement importante d'environ 30 quintaux de feuilles fraîches et 19 quintaux de feuilles pour le fourrage fut livrée au poste de collecte de Dörentrup, comme on peut le voir dans le tableau en annexe. Le feuillage fut ensuite pressé et utilisé au front comme aliment pour les chevaux. Aux mois de septembre et octobre, l'école recueillit 6 quintaux de faines, à partir desquelles on produisit de l'huile pour les foyers et pour le front. Beaucoup de particuliers collectaient des faines, notamment celles qui n'avaient pas de graines de pavot ou du colza dans leurs parcelles, afin d'obtenir une huile à usage domestique. Partout, des dispositifs d'extraction d'huile furent remis en place, ainsi également dans la scierie-moulin de Brake. De l'églantier et des glands, des châtaignes et des noyaux de cerise, des plantes médicinales et des orties furent aussi recueillies par l'école. À partir des orties séchées, on voulait obtenir une matière fibreuse, car il n'était plus possible d'importer du coton».

Pour les élèves, les victoires dans les grandes batailles et les traités de paix étaient des occasions bienvenues, car, dans la plupart des cas, des jours fériés sans école étaient accordés pour les célébrer ou pour participer à des célébrations publiques. Ces jours étaient naturellement mis en valeur dans le calendrier scolaire.

En décembre 1916 :

"Après des semaines d'anxiété, la foule jubilait en proclamant : « Seigneur Dieu, nous te louons ! » Le 4 décembre, le pasteur Tölle entra dans la salle de classe avec ce merveilleux message : la bataille de l'Argesul [Argesch] a été gagnée ! Nous avons chanté debout : « Nun danket alle Gott » (maintenant, rendez tous grâce à Dieu) ! Ensuite, l'école est devenue trop étroite. Un soleil éclatant s'étalait dans les couloirs, malgré le dense voile de brouillard automnal. Et aujourd'hui, le 7 décembre ? Bucarest est tombée ! Un ange apportait-il la nouvelle dans la salle de classe ? Les cloches proclamèrent la nouvelle à travers les villes et le pays. […] Personne ne pouvait ni prévoir ni s'attendre à ce triomphe orageux, ce vol d'aigle de victoire en victoire. Ces jours rappellent à nouveau les victoires de 1914. Ce n'est pas l'œuvre de l'homme. Ceci est le jugement de Dieu sur notre ennemi insidieux. Ceci est une preuve de la miséricorde divine envers notre bien-aimé peuple allemand. Agenouillons-nous et confessons : le Seigneur a fait de grandes choses pour nous ! Ce que les mythes et l'histoire savent chanter sur les exploits et les victoires doit désormais s'estomper face aux exploits de cette guerre. Les générations futures nous envieront et loueront, non seulement nos héros à Bucarest, mais aussi nous, qui sommes restés au pays et témoignons de ces victoires et bénédictions. Dieu, accorde-nous ta miséricorde à travers le sens de sacrifice et de fraternité, à travers la persévérance et la patience !"(chronique de l'école St Johann).

Les cérémonies nationales comme l'anniversaire de l'empereur étaient célébrées solennellement, même si les circonstances particulières de la guerre étaient prises en compte et en minimisaient l'ampleur :

«Pour la deuxième fois, graves et calmes, nous célébrons l'anniversaire de notre empereur dans cette guerre mondiale. Toutes les classes participèrent aux célébrations. Le discours présente notre cher empereur aux enfants comme le plus noble souverain et, certes, 1) dans ses actions et ses travaux paternels et prévoyants dans les 26 années de paix ; 2) L'empereur et son peuple dans les jours de mobilisation ; 3) L'Empereur comme le leader de la glorieuse armée et de la puissante flotte. 4) Les héros et employés de l'empereur. 5) Des images individuelles sur la bonté de l'empereur. 6) Notre impératrice et les fils de l'empereur. La cérémonie se termina avec un souhait et une prière pour que la nouvelle année de l'empereur puisse apporter la paix. À 9 h 45, un service religieux solennel eut lieu à St Johann, auquel participèrent aussi les élèves les plus âgés. Puis tous à nouveau sur le pont, où une grande parade était organisée » (chronique de l'école St Johann).

Le traité de paix avec la Russie de 1918 fut pour l'Empire allemand une lueur d'espoir et, bien sûr, une occasion de célébrer la paix :

"Quelle nouvelle réconfortante et bienheureuse fut donnée ce matin ! [11/02/1918] Grâce à Dieu, maintenant, pour la première fois, au milieu de cette guerre horrible et génocide, cette annonce de paix si longtemps attendue et souhaitée a non seulement retenti, mais est devenue loin à l'Est une réalité. Les forces armées russes ont été démobilisées sur tout le front. Puis les élèves de la classe supérieure, qui avaient rêvé depuis si longtemps de jours libres pour célébrer la victoire, retournèrent avec le visage rayonnant chez eux pour annoncer de maison en maison la grande nouvelle : la paix avec la Russie ! Et bientôt les cloches retentirent dans tout le pays une deuxième fois dans la soirée du samedi 09/02/18 pour annoncer la paix avec l'Ukraine. Que ce carillon parvienne jusqu'aux confins de la Sibérie à nos chers prisonniers - également de St Johann - pour les informer que la corde est rompue et que nous sommes libres! - Nous avons désormais un bras pour nous de libre. Maintenant, prends garde Angleterre ! » (chronique de l'école St Johann).