Bildausschnitt Fritz Ohle, Landesmuseum Detmold
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Themenübersicht zum Jahr 1916

Dès septembre 1916 on se soucia à Lemgo des soins aux soldats de retour des champs de bataille. À cette fin, les associations militaires de Lemgo s'associèrent pour lancer un appel aux dons.

"Nous voulons à partir de contributions bénévoles réunir une somme d'argent, qui nous permette d'aider à faciliter la situation économique de ceux de l'arrondissement de Lemgo, qui ont été appelés sous les drapeaux et dont nous espérons le proche retour." (LP, 13/09/1916).

Les noms des donateurs devaient être ultérieurement entrés dans un livre portant le titre "Lemgos Kriegerdank". Ceci a été réalisé dans de nombreux autres endroits en Allemagne au travers de la procédure dite "Kriegswahrzeichen ou Nagelungen". Monument de guerre ou clouage. A Lemgo les associations n'envoulurent absolument pas et au contraire collecter en toute discrétion.

Le début de l'été de 1916 marqua un tournant dans le ravitaillement alimentaire. Les pommes de terre se firent rares. A cela s'ajouta le fait que la récolte fut gâchée en automne par trop d'humidité. Comme ersatz furent distribués, en échange des tickets, des rutabagas. Pendant l'hiver 1916/17 des recettes de rutabagas ont été propagées. Ce légume ne jouissait pas d'une grande popularité, mais il a empêché une plus grande famine. Annonce publicitaire pour la vente de rutabagas (LP, 12.9.1916).

Déjà durant l'hiver 1914-1915 apparut dans la région de la Lippe un soi-disant. "Peit Pain de guerre" de 80 gr (selon la LP, 13/03/1915), qui fut de nouveau remplacé en Mars 1915 par un petit pain de 100 gr. Le journal note "Probablement personne ne versera une larme sur cette bizarrerie [...]".

Pendant les mois d'automne et d'hiver de 1915/1916 et 1916 /1917 le pain, dans la région de la Lippe, avait également dû être, comme on disait "rallongé". C'était l'une des mesures visant à sécuriser le ravitail-lement en pain en sortant de la situation de goulot d'étranglement. Comme produit de dilution on utilisa les pommes de terre (LP, 07/11/1917). Des pommes de terre fraîches furent utilisées car on n'avait pas assez de charbon disponible pour faire la fécule de pomme de terre, qui fut utilisée plus tard seulement. Manifestement, ce pain ne rencontra pas un accueil favorable parmi la population et fut critiqué comme mauvais et immangeable. Cela incita la LWG à son tour à user de son droit de réponse, publié dans la Lippische Post : «Ici, à Lemgo nous nous sommes tous réjouis à propos du nouveau pain [...] Si certains boulangers de Detmold ne prennent pas la peine de nettoyer suffisamment et de peler correctement les pommes de terre, nos boulangers de Lemgo en revanche nous servent à cet égard selon la bonne vieille tradition - ou si certains estomacs particulièrement sensibles à Detmold ne croient pas être faits pour le pain de guerre, ce n'est vraiment pas encore une raison pour condamner toute la chose [...] Nous mangeons encore ici du meilleur pain, que dans beaucoup de parties de l'Allemagne et surtout qu'à l'étranger. Nous avons vraiment eu la meilleure part comparé à beaucoup, beaucoup de ceux qui ont faim pour un morceau de pain, vis-à-vis de ceux qui si souvent pendant des jours se contentèrent pendant une offensive, ou une patrouille solitaire d'un navet au lieu de pain. Ici dans la région de la Lippe, nous n'avons pas vécu les périodes de l'hiver et du printemps derniers, comme tant de personnes dans les grandes villes etc., qui humaient la douce odeur du rutabaga au lieu de celle du pain. Les ronchonnements sur le nouveau pain constituent la meilleure preuve qu'il y a encore des gens après quatre années de guerre, qui n'ont encore pas mobilisé leur estomac ".

Les violations des règlements sur les aliments ont été poursuivis; la méthode publiée dans la presse (LP, 03/09/1917).

L'hiver 1916/17 fut très froid. Le combustible était rare, il y eut une pénurie aiguë de charbon. Le 30.12.1916 on appela à un rassemblement populaire, pendant lequel Clemens Becker tint une conférence sur la pénurie de charbon à Lemgo et ses causes.

Qu'un social-démocrate patenté comme Becker ait tenu une telle réunion, indique bien la dimension poli-tique de tout cela. A cause du manque de combustible on ferma aussi les écoles (LP, 02/02/1917) jusqu'au 19/02/1917. Les bâtiments publics furent en partie utilisés comme halles de chaleur, de sorte que les gens puissent s'y réchauffer. Les élèves allèrent dans les mois d'hiver dans la forêt et rapportaient à Lemgo sur des traîneaux du bois de chauffage, destiné aux familles de combattants nécessiteuses.

Selon la Post Lippische, la ville cependant, n'a pas été assez énergique pour veiller à un approvisionnement suffisant en charbon, en particulier de la Ruhr. Le manque de wagons, qui pour une bonne part se trouvaient utilisés par l'armée, ne devait pas être la seule cause. La comparaison fut établie avec les nombreuses denrées alimentaires et animaux qui y avaient été livrés là-bas. En retour, il n'arrivait pas assez de charbon. On ne souhaiterait pas non plus utiliser les abondantes forêts du voisinage, comme ce serait possible.

L'instituteur de Wiembeck livre rétrospectivement dans sa chronique scolaire de la première guerre mon-diale un résumé évocateur de la situation du ravitaillement à l'époque:

"Le pays a dû se nourrir lui-même, l'étau de fer que l'ennemi avait créé autour de nous ne laissant plus au-cune denrées alimentaires venir à nous depuis l'étranger. La récolte avait été maigre. Alors on laissa aussi seulement 7 ½, puis plus tard 6 ½ kg par personne et par mois, pas même ½ livre de pain par jour, aux auto-suffisants, c'est-à-dire ceux qui avaient sauvé juste assez de grain pour leurs propres besoins, (voir l'annexe). Les "ayant-droits" n'obtenaient déjà plus depuis 1915 que de la farine avec des tickets de pain, moins bien sûr que les "auto-suffisants". Les ersatzs de farine, à partir desquels on aurait pu "allonger"le pain, l'on  ne pouvait pas les acheter. Tout était confisqué. Tout achat et vente sans tickets fut sévèrement puni. On ne put obtenir sans tickets ni haricots ni avoine, ni sucre, ni pommes de terre, ni fil à coudre ni quoi que ce soit d'équivalent. Mais le pire fut que la récolte de pommes de terre tourna mal. Alors la faim s'installa dans beaucoup, beaucoup de familles, en particulier dans les villes. Ce fut le plus triste hiver, depuis de nombreuses décennies, que l'Allemagne traversa. Alors seulement on apprit vraiment à comprendre la valeur du pain quotidien et à vraiment saisir la 4ème demande du Notre Père. Ce fut une grande chance que les rutabagas réussirent bien, ils constituèrent dès lors le plat quotidien. Les "plats de rutabagas" en annexe sont là pour rappeler le triste "hiver de rutabagas" entre 1916 et 1917".

Les obligations étaient, à côté des crédits de guerre, un moyen essentiel pour financer les dépenses de guerre de l'Empire allemand. Neuf emprunts ont en tout été lancés à un rythme semi-annuel correspondant à une somme totale de 97 milliards de Mark. Les acheteurs de ces obligations, qui aussi bien par sentiment patriotique qu'alléchés par des taux  intérêts attractifs, joint à la confiance en une victoire allemande, ont prêtés leur argent pour la continuation de la guerre appartenaient à toutes les couches sociales. Ces emprunts de guerre furent accompagnés de campagnes publicitaires en bonne et due forme dans les médias de l'époque, c'est-à-dire avant tout dans les journaux.

La publicité pour les emprunts de guerre est apparue également dans la "Lippische Post" (Le Courrier de la Lippe). On comparait fréquemment la souscription aux emprunts de guerre à une "bataille" qui se serait déroulée sur le "front de la patrie" et devrait vaincre l'ennemi. Ainsi s'exprimait la "Lippische Post" le 11 mars 1916 à l'occasion du quatrième lancement d'emprunt : "la quatrième souscription doit frapper l'ennemi et réduire en miettes le dernier pilier de son espoir. Il nous revient, à  nous qui sommes restés au pays, de mener une énorme bataille d'argent et de remporter une immense victoire, qui comme un violent coup de massue fracasse le dernier appui de l'ennemi, et l'arrache à ses mensonges et lui laisse saisir la dure réalité : l'Allemagne est invincible."

La pression morale et extérieure qui s'exerçait sur les gens de l'époque pour qu'ils souscrivent aux emprunts de guerre était assurément grande. La famille de photographes de Lemgo Ohle fût également concernée par ces emprunts. Lina Ohle écrit le 4 mars 1916 à son mari mobilisé sur le front ouest "[...] Que penser des emprunts de guerre ? Je dois bien sûr souscrire, n'est-ce pas plus que juste que l'on serve notre pays de cette façon. Comme les combats doivent être is affreusement graves à l'Ouest. Que le Seigneur Dieu soit avec nous. Qu'il nous aide dans les combats et nous donne bientôt la paix". Trois jours plus tard  (7 mars 1916) elle reprend la question, sans doute parce que son mari pouvait déjà avoir réagi avec scepticisme à son intention. "[...] Ne devrais-je vraiment plus souscrire à aucun emprunt de guerre ? Nous ne saurions cependant vraiment pas mieux placer notre argent. Et dussions nous vraiment perdre ce que nous ne souhaitons bien sûr pas, alors on aura en tous cas pour notre argent ce qu'il reste en caisse. Peut-être souscrivons-nous encore 3, qu'en penses-tu ? Mais que le bon Dieu nous donne bientôt la paix tant désirée [...] Ecris moi cependant au sujet de ces emprunts. Ma mère peut encore souscrire pour 3000. Krull va lui décaisser l'argent. Le reste est encore là. C'est pourtant notre devoir sacré que de combattre nos ennemis aussi de cette façon [...]". L'espoir d'une victoire ne semble plus pour le moins aussi inébranlable chez Fritz Ohle, qu'il laisse sans crainte acheter des emprunts de guerre.

Non seulement les adultes dûrent investir leur épargne dans les emprunts de guerre, mais les enfants dans les écoles furent aussi systématiquement exhortés à souscrire à ces emprunts.   

Dans un article du journal relatif à ce sujet le Courrier de la Lippe du 11 mars 1916 répertorie comme significative la participation des écoliers à la souscription aux emprunts de guerre et exhorte les enseignants à renforcer la publicité pour ces choses patriotiques. Pour permettre une manipulation plus facile des petites ou minimales contributions des élèves la Caisse d'épargne de Lemgo émis des petites vignettes de participation qui après avoir été regroupées pouvaient être échangées contre une obligation de guerre ou respectivement impériale. Les bons de participation devaient être remis par les écoliers eux-mêmes. Il semble toutefois que la plupart du temps ce sont les maîtres d'école qui aient pris en charge l'organisation de la souscription pour leurs classes et leurs élèves.  

Il est difficile de juger dans quelle mesure les élèves ont pu agir de leur propre initiative ou plutôt sous la pression exercée par les maîtres. Le zèle patriotique a a certainement là aussi joué un rôle important.  

Dans la chronique scolaire de l'école St. Johann (StaL T 3/14, S. 30) Knappmeier rapporte sur l'engagement de ses élèves à l'occasion du 4ème emprunt de guerre : "[...] Notre école a également participé avec zèle au 4ème emprunt. Les élèves ont fait du porte à porte pour distribuer les formulaires de souscription et ont eux-mêmes participé à des souscriptions de 5, 10, 20, et jusqu'à 100 Mark. Au total la souscription s'est montée à 1560 Mark. Le contrat a été salué avec une joyeuse gratitude par son Altesse princière à l'issue de la classe du 31 mars." De manière analogue la 5ème souscription de 1916 fût également couronnée de succès : "Le 5 octobre fût le dernier jour de la cinquième souscription, qui apporta une contribution de 10,6 milliards. Les élèves et les maîtres d'ici ont contribué pour 1995 Mark." (StaL T 3/14, S. 32).

L'Association patriotique des femmes avait été fondée en 1866 par la reine de Prusse Augusta. Dans les années qui suivirent, des antennes de l'association et des associations régionales furent constituées dans la Confédération d'Allemagne du Nord, puis dans tout l'empire allemand. Elles constituaient le pendant féminin aux colonnes sanitaires de la Croix-Rouge.

La mission de l'Association patriotique des femmes consistait, en temps de paix, à préparer l'activité de guerre et à éviter des problèmes sociaux et économiques en portant assistance aux couches sociales les plus défavorisées. En temps de guerre, elles étaient en charge d'aider à la prise en charge des soldats blessés. La marraine était l'impératrice elle-même et, pour les associations régionales, la princesse du pays. L'Association patriotique des femmes était dirigée par le commissaire impérial et l'inspecteur militaire en chef des soins infirmiers volontaires. L'association se composait uniquement de femmes issues de la bourgeoisie, des classes supérieures et de la noblesse.

Nous ne savons que très peu de choses sur les membres et sur le conseil d'administration de l'Association patriotique des femmes à Lemgo. Seul le nombre de membres et adhérents de l'association est apparu occasionnellement dans des articles de presse ; ainsi en juin 1918 (LP, 25/06/1918) elle devait compter 364 membres. 

La composition du conseil d'administration n'apparaît qu'à partir de novembre 1915 dans le livre des minutes de la société. Jusqu'en mai 1918, la présidente était Madame Hanna Schurig, épouse du directeur du lycée de Lemgo, Hermann Schurig, qui plus tard, entre 1911 et 1927, fut directeur du lycée Engelbert-Kaempfer. Au sein du conseil d'administration œuvrèrent également Mademoiselle Theopold, Madame le professeur Winter, Madame Geheimrat Overbeck et Madame le professeur Schulz. Le trésorier était le « Kommerzienrat » (conseiller commercial privé du kaiser) Potthoff, qui demeura en poste au sein de l'association pendant des décennies. Les dames membres du comité d'administration étaient presque toutes des épouses de professeurs du lycée de Lemgo. 

En février 1918, le Conseil proposa de reporter les prochaines élections du conseil d'administration à l'année suivante. La proposition fut votée à l'unanimité lors de l'Assemblée générale. Évidemment, cette décision fut ensuite l'objet de critiques. Lors d'une réunion des membres en avril 1918, la présidente Hanna Schurig démissionna et Madame Geheimrat Overbeck lui succéda. La vice-présidente était Madame Bertha Theopold. Le trésorier demeura le « Kommerzienrat » Potthof ; les secrétaires furent le pasteur Eilers et le proviseur Schierholz.

En mars 1918, à Brake, une antenne indépendante de l'Association patriotique des femmes fut mise en place, qui comptait déjà 800 membres lors de sa fondation (LP, 03/12/1918).

Avec le déclenchement de la guerre, l'antenne de l'Association patriotique des femmes de Lemgo appela dans le Lippische Post du 17 août 1914 à une collecte d'objets en or et en argent pour remplir les caisses de l'Association et ainsi être en mesure d'aider les blessés.

Le 21 août 1914, eut lieu un nouvel appel. Cette fois, il s'agissait de dons de bienfaisance, dont la collecte fut organisée dans un poste de collecte central dans la Stiftstraße. Comme dons de bienfaisance, 

on acceptait notamment : des cigares, du tabac, du chocolat, des gâteaux, de la limonade, du vin, du jambon fumé et des saucisses, des conserves et du savon. Comme la guerre se poursuivait, le sens des cadeaux de bienfaisance commença à perdre en importance. Dès 1916, on se plaignait de la disposition générale en déclin à l'heure de faire des dons.  Début 1917, le site de collecte de dons de bienfaisance fut complètement fermé.

Sous la direction du couple de professeurs Winter, de la laine, propriété de l'association et de l'administration de l'armée, fut utilisée pour fabriquer des paires de chaussettes pour les soldats. Les femmes et les jeunes filles qui tricotaient les chaussettes étaient rémunérées. Le paiement d'une rémunération provient d'un article paru dans le Lippische Post du 31 août 1914 qui appelait à ne pas voler le travail aux femmes issues des couches sociales les plus pauvres (c'est-à-dire les femmes des soldats), à travers le travail bénévole des associations de femmes, qui, elles, pour la plupart, étaient issues de familles plus aisées.

Pour le travail de bienfaisance, la ville avait été divisée en huit districts, chacun attribué à une dame de l'association. La population dans le besoin recevait des denrées alimentaires (de la LWG) et de l'argent. 

En outre, il y avait aussi des activités de blanchisserie pour les femmes dans le besoin ou enceintes, pour soulager leurs souffrances. 

Le bureau d'assistance aux prisonniers de guerre de l'association prenait soin des prisonniers de guerre allemands à l'étranger, en leur envoyant des colis et de l'argent ou des cadeaux à Noël (gâteaux, cigares...). 

Dans la vieille école de Töcter (maintenant, archives municipales), un cours de chaussure fut mis en place pour remédier au manque de chaussures en les fabriquant soi-même. L'association participa également, avec une somme d'argent considérable, à la collecte destinée aux soldats qui étaient de retour (les cadeaux dits de remerciement aux soldats).

Comme partout ailleurs dans l'Empire allemand, un foyer du soldat fut mis en place à Lemgo sous les auspices de l'Association patriotique locale des femmes de Lemgo. Selon le rapport annuel de l'Association pour l'année 1915, à la fin de février de cette année, un foyer du soldat fut installé dans une maison au 26 de la Rampendalstrasse, puis, à partir du 1er décembre 1915 dans une autre maison située au 116/118 de la Mittelstraße (Commerce de produits manufacturés David Netheim) où l'on disposait de locaux plus grands. Dans le foyer du soldat, les soldats pouvaient séjourner sans contraintes. Des meubles, des journaux, un piano, un accordéon et des jeux étaient à leur disposition gratuitement. Les horaires d'ouverture étaient limités alors au dimanche de 13 h 30 à 21 h. En août 1915, à la demande de l'administration de la garnison, le foyer fut ouvert tous les jours. On pouvait y recevoir des cigares, des cartes postales et de la nourriture. Les rations s'améliorèrent progressivement ; au début, il n'y avait que du café, des produits de boulangerie et puis, grâce au soutien de la LWG, il y eut ensuite également des petits pains avec du beurre et quand ce dernier vint à manquer, on les tartinait avec de la confiture. L'ouverture aussi le soir fut très bien accueillie. De la soupe avec du pain, des plats avec des pommes de terre, de la salade ou des pommes de terre en robe des champs furent finalement également offerts. L'été 1916, les soldats qui travaillaient sur les terres exploitées par le bataillon, purent recevoir leur dîner au foyer gracieusement. Jusqu'au 1er août 1916, il y eut 233 personnes. Des soldats dans le besoin, 

qui ne recevaient aucun soutien de chez eux, avaient la possibilité de dîner gracieusement dans le foyer. 

Avec la dissolution du bataillon de remplacement à Lemgo, le 31/12/1917, l'époque du foyer du soldat était aussi révolue. Les locaux de la Mittelstraße furent utilisés jusqu'au 1er avril 1918 comme salle chauffée et salle de lecture ; les stocks furent vendus afin de remplir les caisses de l'association.

Le transport des soldats blessés de la gare de Lemgo dans l'un des deux hôpitaux était assuré par les membres de la colonne sanitaire et, apparemment, par les brancardiers auxiliaires qui étaient restés au pays. Lors de la réunion du conseil du 4 avril 1916, des bons de transport furent mis en place à cet effet pour la première fois. Les membres de la colonne devaient recevoir 1 mark par transport et par personne à l'intérieur de la ville. Pour les transports hors de la ville, les tarifs étaient calculés au cas par cas. Lors de l'assemblée générale, le 16 avril 1917, Sternheim rapporta que 206 blessés avaient été transportés au cours de l'année écoulée. L'Assemblée générale tenue après la fin de la guerre, en 1919, établit un bilan de 130 transports avec au total 488 militaires blessés et malades.

On peut déduire de l'annonce parue dans le Lippische Post du 1er septembre 1916 qu'une démonstration de gymnastique des sections d'hommes et de femmes fut organisée au profit des soldats revenus du front. Les performances furent accompagnées par la fanfare militaire du deuxième bataillon de réserve du 67e régiment d'infanterie qui était stationné à Lemgo. On ne sait pas quels hommes étaient ici réellement en mesure de réaliser des performances de gymnastique, car, suite au déclenchement de la guerre, la plupart des gymnastes avaient été appelés et seuls les femmes et les enfants étaient restés chez eux. C'était donc les femmes qui avaient maintenu l'activité gymnastique en 1916. Lors de la journée de démonstration de gymnastique du 2 septembre 1917 à Lemgo, seul un «nombre réduit de membres gymnastes» parmi l'ensemble des clubs de gymnastique, ce qui fut perçu positivement, semblait «être en bonne santé et aptes pour le service dans l'armée» (LP, 05/09/1917).

Dans les archives du TV Lemgo (dépôt dans les archives municipales Lemgo), figure une collection de lettres de poste de campagne, envoyées par des gymnastes depuis le front à l'association et à leur famille. Au total, 8 lettres et 97 cartes postales y sont conservées.  La moitié date de l'année 1914, un tiers de l'année 1915 et le reste des années 1916 et 1917. Il s'agit souvent de lettres de remerciement pour les colis et les cadeaux de Noël reçus ou tout simplement de marques d'affection à ceux qui sont restés chez eux.

Dans une lettre provenant du front de décembre 1914, on rapporte aussi les fêtes de Noël particulières célébrées sur le front anglo-allemand :

"Nord de la France, le 27 décembre 1914. Chers camarades du club de gymnastique, tout d'abord, je vous remercie pour ce joli paquet de Noël, qui m'a beaucoup réjoui. […] Nous avons célébré Noël ici sur place ; nous avions un petit arbre de Noël que nous avions décoré en conséquence dans notre abri. La bière de Dortmund n'a également pas manqué. La journée s'est passée tranquillement, l'infanterie avait accordé une trêve et des visites réciproques ont été faites dans les tranchées, beaucoup d'Anglais parlaient un peu l'allemand et nous avons été en mesure de communiquer avec eux. Leur moral n'était pas bon. Ils n'avaient pas de pain et ne recevaient plus les journaux de leur pays. Nous avons donc fait du troc. Jusqu'à maintenant, on leur avait raconté les grandes victoires des Russes, à travers nos journaux, ils ont pris connaissance d'autres informations et savent désormais de quoi il retourne. […] Merci beaucoup et je vous embrasse fort jusqu'à la prochaine Votre Ernst Blübaum".

Une carte postale de campagne montre les marques d'amitié du TV Lemgo aux gymnastes au front le jour de l'Ascension de 1916. Cette carte est revenue pour n'avoir pas pu être remise au destinataire, et c'est probablement la raison pour laquelle elle figure parmi la collection. La misanthropie de la guerre est démontrée dans une autre carte postale de campagne sous l'intitulé « Salutations de la Pologne russe », où figure un dessin comparant un juif russo-polonais à un pou russo-polonais. Malgré la participation de nombreux soldats juifs dans l'armée allemande, l'antisémitisme n'était pas un phénomène inconnu.

Pour les élèves, les victoires dans les grandes batailles et les traités de paix étaient des occasions bienvenues, car, dans la plupart des cas, des jours fériés sans école étaient accordés pour les célébrer ou pour participer à des célébrations publiques. Ces jours étaient naturellement mis en valeur dans le calendrier scolaire.

En décembre 1916 :

"Après des semaines d'anxiété, la foule jubilait en proclamant : « Seigneur Dieu, nous te louons ! » Le 4 décembre, le pasteur Tölle entra dans la salle de classe avec ce merveilleux message : la bataille de l'Argesul [Argesch] a été gagnée ! Nous avons chanté debout : « Nun danket alle Gott » (maintenant, rendez tous grâce à Dieu) ! Ensuite, l'école est devenue trop étroite. Un soleil éclatant s'étalait dans les couloirs, malgré le dense voile de brouillard automnal. Et aujourd'hui, le 7 décembre ? Bucarest est tombée ! Un ange apportait-il la nouvelle dans la salle de classe ? Les cloches proclamèrent la nouvelle à travers les villes et le pays. […] Personne ne pouvait ni prévoir ni s'attendre à ce triomphe orageux, ce vol d'aigle de victoire en victoire. Ces jours rappellent à nouveau les victoires de 1914. Ce n'est pas l'œuvre de l'homme. Ceci est le jugement de Dieu sur notre ennemi insidieux. Ceci est une preuve de la miséricorde divine envers notre bien-aimé peuple allemand. Agenouillons-nous et confessons : le Seigneur a fait de grandes choses pour nous ! Ce que les mythes et l'histoire savent chanter sur les exploits et les victoires doit désormais s'estomper face aux exploits de cette guerre. Les générations futures nous envieront et loueront, non seulement nos héros à Bucarest, mais aussi nous, qui sommes restés au pays et témoignons de ces victoires et bénédictions. Dieu, accorde-nous ta miséricorde à travers le sens de sacrifice et de fraternité, à travers la persévérance et la patience !"(chronique de l'école St Johann).

Les cérémonies nationales comme l'anniversaire de l'empereur étaient célébrées solennellement, même si les circonstances particulières de la guerre étaient prises en compte et en minimisaient l'ampleur :

«Pour la deuxième fois, graves et calmes, nous célébrons l'anniversaire de notre empereur dans cette guerre mondiale. Toutes les classes participèrent aux célébrations. Le discours présente notre cher empereur aux enfants comme le plus noble souverain et, certes, 1) dans ses actions et ses travaux paternels et prévoyants dans les 26 années de paix ; 2) L'empereur et son peuple dans les jours de mobilisation ; 3) L'Empereur comme le leader de la glorieuse armée et de la puissante flotte. 4) Les héros et employés de l'empereur. 5) Des images individuelles sur la bonté de l'empereur. 6) Notre impératrice et les fils de l'empereur. La cérémonie se termina avec un souhait et une prière pour que la nouvelle année de l'empereur puisse apporter la paix. À 9 h 45, un service religieux solennel eut lieu à St Johann, auquel participèrent aussi les élèves les plus âgés. Puis tous à nouveau sur le pont, où une grande parade était organisée » (chronique de l'école St Johann).

Le traité de paix avec la Russie de 1918 fut pour l'Empire allemand une lueur d'espoir et, bien sûr, une occasion de célébrer la paix :

"Quelle nouvelle réconfortante et bienheureuse fut donnée ce matin ! [11/02/1918] Grâce à Dieu, maintenant, pour la première fois, au milieu de cette guerre horrible et génocide, cette annonce de paix si longtemps attendue et souhaitée a non seulement retenti, mais est devenue loin à l'Est une réalité. Les forces armées russes ont été démobilisées sur tout le front. Puis les élèves de la classe supérieure, qui avaient rêvé depuis si longtemps de jours libres pour célébrer la victoire, retournèrent avec le visage rayonnant chez eux pour annoncer de maison en maison la grande nouvelle : la paix avec la Russie ! Et bientôt les cloches retentirent dans tout le pays une deuxième fois dans la soirée du samedi 09/02/18 pour annoncer la paix avec l'Ukraine. Que ce carillon parvienne jusqu'aux confins de la Sibérie à nos chers prisonniers - également de St Johann - pour les informer que la corde est rompue et que nous sommes libres! - Nous avons désormais un bras pour nous de libre. Maintenant, prends garde Angleterre ! » (chronique de l'école St Johann).