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Themenübersicht zum Jahr 1917

L'espoir de garder une garnison permanente à Lemgo n'était manifestement encore pas abandonné. Dans le comte-rendu du conseil municipal du 16 juin 1915, le président de l'assemblée demandait que la municipalité négocie sur cette question avec le ministère de la guerre de Prusse. Cependant le résultat a dû être négatif, car le 23 novembre 1917 le maire, Franz Möller depuis lors, informa le conseil municipal que le bataillon devrait être dissous. Ses efforts pour préserver le site de garnison s'avérèrent vains.

Sur la cérémonie d'adieu, et les discours qui y ont été tenus, une copie d'article datant des années 1940 a été préservée. L'article de journal original fut publié le 2 Janvier 1918 dans la 'LippischePost'. Le commandant y aborde la formation des recrues et les relations particulièrement bonnes avec la ville et ses citoyens. A l'occasion de son départ, un monument fut construit en mémoire du bataillon de Lemgo. Le monument est composé de quatre blocs de roche qui ont du être rapportés de l'ancien terrain d'exercice du Biesterberg. Sur l'un des blocs la Croix de Fer est gravée avec à l'intérieur le numéro du bataillon.

C'est seulement en 1936 que Lemgo devait devenir le siège d'une garnison permanente, avec la Division d'observation de l'artillerie B 6, puis après 1945, avec les forces d'occupation britanniques jusqu'en 1993.

Ausmarsch des Ersatzbataillons II/67 aus Lemgo nach Bad Salzuflen 1918 (Sta L N1)

Le début de l'été de 1916 marqua un tournant dans le ravitaillement alimentaire. Les pommes de terre se firent rares. A cela s'ajouta le fait que la récolte fut gâchée en automne par trop d'humidité. Comme ersatz furent distribués, en échange des tickets, des rutabagas. Pendant l'hiver 1916/17 des recettes de rutabagas ont été propagées. Ce légume ne jouissait pas d'une grande popularité, mais il a empêché une plus grande famine. Annonce publicitaire pour la vente de rutabagas (LP, 12.9.1916).

Déjà durant l'hiver 1914-1915 apparut dans la région de la Lippe un soi-disant. "Peit Pain de guerre" de 80 gr (selon la LP, 13/03/1915), qui fut de nouveau remplacé en Mars 1915 par un petit pain de 100 gr. Le journal note "Probablement personne ne versera une larme sur cette bizarrerie [...]".

Pendant les mois d'automne et d'hiver de 1915/1916 et 1916 /1917 le pain, dans la région de la Lippe, avait également dû être, comme on disait "rallongé". C'était l'une des mesures visant à sécuriser le ravitail-lement en pain en sortant de la situation de goulot d'étranglement. Comme produit de dilution on utilisa les pommes de terre (LP, 07/11/1917). Des pommes de terre fraîches furent utilisées car on n'avait pas assez de charbon disponible pour faire la fécule de pomme de terre, qui fut utilisée plus tard seulement. Manifestement, ce pain ne rencontra pas un accueil favorable parmi la population et fut critiqué comme mauvais et immangeable. Cela incita la LWG à son tour à user de son droit de réponse, publié dans la Lippische Post : «Ici, à Lemgo nous nous sommes tous réjouis à propos du nouveau pain [...] Si certains boulangers de Detmold ne prennent pas la peine de nettoyer suffisamment et de peler correctement les pommes de terre, nos boulangers de Lemgo en revanche nous servent à cet égard selon la bonne vieille tradition - ou si certains estomacs particulièrement sensibles à Detmold ne croient pas être faits pour le pain de guerre, ce n'est vraiment pas encore une raison pour condamner toute la chose [...] Nous mangeons encore ici du meilleur pain, que dans beaucoup de parties de l'Allemagne et surtout qu'à l'étranger. Nous avons vraiment eu la meilleure part comparé à beaucoup, beaucoup de ceux qui ont faim pour un morceau de pain, vis-à-vis de ceux qui si souvent pendant des jours se contentèrent pendant une offensive, ou une patrouille solitaire d'un navet au lieu de pain. Ici dans la région de la Lippe, nous n'avons pas vécu les périodes de l'hiver et du printemps derniers, comme tant de personnes dans les grandes villes etc., qui humaient la douce odeur du rutabaga au lieu de celle du pain. Les ronchonnements sur le nouveau pain constituent la meilleure preuve qu'il y a encore des gens après quatre années de guerre, qui n'ont encore pas mobilisé leur estomac ".

Les violations des règlements sur les aliments ont été poursuivis; la méthode publiée dans la presse (LP, 03/09/1917).

L'hiver 1916/17 fut très froid. Le combustible était rare, il y eut une pénurie aiguë de charbon. Le 30.12.1916 on appela à un rassemblement populaire, pendant lequel Clemens Becker tint une conférence sur la pénurie de charbon à Lemgo et ses causes.

Qu'un social-démocrate patenté comme Becker ait tenu une telle réunion, indique bien la dimension poli-tique de tout cela. A cause du manque de combustible on ferma aussi les écoles (LP, 02/02/1917) jusqu'au 19/02/1917. Les bâtiments publics furent en partie utilisés comme halles de chaleur, de sorte que les gens puissent s'y réchauffer. Les élèves allèrent dans les mois d'hiver dans la forêt et rapportaient à Lemgo sur des traîneaux du bois de chauffage, destiné aux familles de combattants nécessiteuses.

Selon la Post Lippische, la ville cependant, n'a pas été assez énergique pour veiller à un approvisionnement suffisant en charbon, en particulier de la Ruhr. Le manque de wagons, qui pour une bonne part se trouvaient utilisés par l'armée, ne devait pas être la seule cause. La comparaison fut établie avec les nombreuses denrées alimentaires et animaux qui y avaient été livrés là-bas. En retour, il n'arrivait pas assez de charbon. On ne souhaiterait pas non plus utiliser les abondantes forêts du voisinage, comme ce serait possible.

En Août 1917 la rumeur survint que la municipalité avait laissé pourrir des pommes de terre dans la cave de la Ballhaus. De telles nouvelles furent bien évidemment accueillies avec une nervosité et exaspération certaine. La ville expliqua cependant que l'on s'occupait soigneusement d'éliminer une par une les mauvaises pommes de terre. La ville fut expressément louée par la rédaction du journal pour ce comportement circonspect. LP, 17/08/1917. 

La situation du ravitaillement était pire dans les grandes villes qu'à Lemgo, en particulier dans la région de la Ruhr. Les enfants surtout souffraient de malnutrition. Au printemps 1917, on organisa une forme précoce d'envoi d'enfants à la campagne qui amena aussi des enfants à Lemgo. Dans la LP du 19/10/1917 fut imprimée une lettre de remerciement de l'une des villes d'envoi (Essen). Il ressort de l'article qu'il y eut aussi des problèmes, des conflits, cependant. Les enfants durent bien travailler dans les champs, et ce ne fut visiblement pas pour eux un pur temps de vacances.

L'instituteur de Wiembeck livre rétrospectivement dans sa chronique scolaire de la première guerre mon-diale un résumé évocateur de la situation du ravitaillement à l'époque:

"Le pays a dû se nourrir lui-même, l'étau de fer que l'ennemi avait créé autour de nous ne laissant plus au-cune denrées alimentaires venir à nous depuis l'étranger. La récolte avait été maigre. Alors on laissa aussi seulement 7 ½, puis plus tard 6 ½ kg par personne et par mois, pas même ½ livre de pain par jour, aux auto-suffisants, c'est-à-dire ceux qui avaient sauvé juste assez de grain pour leurs propres besoins, (voir l'annexe). Les "ayant-droits" n'obtenaient déjà plus depuis 1915 que de la farine avec des tickets de pain, moins bien sûr que les "auto-suffisants". Les ersatzs de farine, à partir desquels on aurait pu "allonger"le pain, l'on  ne pouvait pas les acheter. Tout était confisqué. Tout achat et vente sans tickets fut sévèrement puni. On ne put obtenir sans tickets ni haricots ni avoine, ni sucre, ni pommes de terre, ni fil à coudre ni quoi que ce soit d'équivalent. Mais le pire fut que la récolte de pommes de terre tourna mal. Alors la faim s'installa dans beaucoup, beaucoup de familles, en particulier dans les villes. Ce fut le plus triste hiver, depuis de nombreuses décennies, que l'Allemagne traversa. Alors seulement on apprit vraiment à comprendre la valeur du pain quotidien et à vraiment saisir la 4ème demande du Notre Père. Ce fut une grande chance que les rutabagas réussirent bien, ils constituèrent dès lors le plat quotidien. Les "plats de rutabagas" en annexe sont là pour rappeler le triste "hiver de rutabagas" entre 1916 et 1917".

Les prix des denrées alimentaires grimpèrent au cours de l'été 1915. Surtout pour la viande, le beurre, les oeufs et le sucre (LP, 12/07/1915). Ces augmentations de prix devaient être empêchées, car autrement le client ne serait alors plus en mesure d'acheter les produits.

Lorsqu'en août 1915 une marchande sur le marché Lemgo a réclamé 1,80 Mark pour 1 livre de beurre, les clientes de Lemgo ont entouré la paysanne avec des gestes menaçants, sans que cela ne tourne vraiment mal. Dans l'article des prix plafonds étaient réclamés afin de stopper cette agitation (LP, 25/08/1915). Des comparaisons furent établies avec des grandes villes, mais dans lesquelles les aliments étaient moins chers.

En Avril 1917, on en vint apparemment  à Lemgo à une pénurie de beurre. Dans une lettre de lecteur, pu-bliée dans la Lippische Post (21/04/1917) ceci fut attribué au fait que les agriculteurs producteurs de lait auraient été trop circonspects avec la livraison du lait. Le lait pour la production de beurre ne venait plus pratiquement que de la coopérative agricole (LWG). De façon purement arithmétique, le nombre de vaches et la quantité de lait à Lemgo et ses alentours auraient dû suffire. Les paysans se seraient toutefois exemptés de la livraison obligatoire, ils auraient nourri le bétail avec le lait, au lieu de cela on devrait donc être plus strict et prononcer des pénalités plus conséquentes, et ne pas laisser les paysans se "beurrer" eux-mêmes.

LP, 25/07/1917 «Des enfants vont nus pieds, des  adultes ménagent leurs chaussures pour l'hiver, et vont pieds nus en sandales. (...) Un des meilleurs solvants et substitut est d'aller pieds nus ou en sandales de bois sans chaussettes. Les gens à courte vue et mesquins qui trouvent ridicules de marcher pieds nus, il n'y en aura probablement plus. Il suffit que quelques personnes courageuses commencent".

Les conseils d'économie purent même s'étendre jusqu'au domaine vestimentaire. LP, 08.05.1918: "Appel. Compte tenu de la grave pénurie d'étoffe qui sévit actuellement et des coûts considérables qui sont maintenant liés à l'acquisition des vêtements de deuil habituels pour les femmes, nous demandons aux comités d'aide sous notre contrôle d'agir en sorte que la population féminine de toutes les classes sociales renonce au port de vêtement de deuil pendant la guerre et, tout comme il est de coutume chez les hommes, ne manifestent extérieurement leur deuil qu'à l'aide d'un brassard, un bandeau autour du bras gauche en particulier. (...) Le deuil c'est l'affaire du coeur, et non pas du vêtement ".

Les obligations étaient, à côté des crédits de guerre, un moyen essentiel pour financer les dépenses de guerre de l'Empire allemand. Neuf emprunts ont en tout été lancés à un rythme semi-annuel correspondant à une somme totale de 97 milliards de Mark. Les acheteurs de ces obligations, qui aussi bien par sentiment patriotique qu'alléchés par des taux  intérêts attractifs, joint à la confiance en une victoire allemande, ont prêtés leur argent pour la continuation de la guerre appartenaient à toutes les couches sociales. Ces emprunts de guerre furent accompagnés de campagnes publicitaires en bonne et due forme dans les médias de l'époque, c'est-à-dire avant tout dans les journaux.

Tout d'abord, la mise en place du lazaret de réserve a entraîné une augmentation des taux d'occupation. Dans une rétrospective de la Fondation Wolff (A 2475 f 254r et 255R), il est rapporté que pour la période avant le début de la guerre l'hôpital (avec 80-90 lits) n'était que partiellement occupé et principalement par vieillards et des malades.

Après le début de la guerre, le nombre de lits est passé à 125, qui étaient tous occupés. Du nombre de blessés résulta des difficultés dans les soins aux «malades civils", de sorte que la demande fut exprimée en 1918, de réduire le nombre de 70 lits garantis, pour le VIIème corps d'armée et la Croix-Rouge, à la Fondation Wolff. L'Association patriotique des femmes fit également la proposition déplacer une partie des femmes âgées vers l'hospice, ce qui toutefois ne concerna que deux femmes. Le médecin chef Dr. Möller avait suggéré de faire la même chose pour les vieillards, qui devaient cependant être enmenés à Eben-Ezer.

La proximite géographique avec la Fondation Wolff put aussi causer des problèmes. Un problème plutôt anodin était que le courrier n'était pas toujours bien séparé entre celui qui allait à la Fondation Wolff et au lazaret.

Un problème plus difficile concernait l'économie de rationnement; ainsi manquait-on de draps de lits, dont l'achat devait être effectué par l'intermédiaire de l'intendance du VIIème corps d'armée. En outre, il y avait un manque de matériel de pansement, de charbon pour le chauffage et de personnel médical et infirmier.

En 1917, le chirurgien Dr. Möller, embauché juste avant le déclenchement de la guerre s'était déjà plaint trois fois avant finalement de réussir. Pour le personnel infirmier, se posa le problème qu'une infirmière supplémentaire, ne devrait pas, comme jusqu'à présent, venir de la Sarepta-Diakonissenhaus à Bielefeld, d'où toutes les infirmières étaient venus depuis la création de la fondation, mais une infirmière de la Croix-Rouge, que l'on voulait fairre prendre en charge par la caisse du lazaret et non pas celle de la Fondation Wolff.

L'Association patriotique des femmes avait été fondée en 1866 par la reine de Prusse Augusta. Dans les années qui suivirent, des antennes de l'association et des associations régionales furent constituées dans la Confédération d'Allemagne du Nord, puis dans tout l'empire allemand. Elles constituaient le pendant féminin aux colonnes sanitaires de la Croix-Rouge.

La mission de l'Association patriotique des femmes consistait, en temps de paix, à préparer l'activité de guerre et à éviter des problèmes sociaux et économiques en portant assistance aux couches sociales les plus défavorisées. En temps de guerre, elles étaient en charge d'aider à la prise en charge des soldats blessés. La marraine était l'impératrice elle-même et, pour les associations régionales, la princesse du pays. L'Association patriotique des femmes était dirigée par le commissaire impérial et l'inspecteur militaire en chef des soins infirmiers volontaires. L'association se composait uniquement de femmes issues de la bourgeoisie, des classes supérieures et de la noblesse.

Nous ne savons que très peu de choses sur les membres et sur le conseil d'administration de l'Association patriotique des femmes à Lemgo. Seul le nombre de membres et adhérents de l'association est apparu occasionnellement dans des articles de presse ; ainsi en juin 1918 (LP, 25/06/1918) elle devait compter 364 membres. 

La composition du conseil d'administration n'apparaît qu'à partir de novembre 1915 dans le livre des minutes de la société. Jusqu'en mai 1918, la présidente était Madame Hanna Schurig, épouse du directeur du lycée de Lemgo, Hermann Schurig, qui plus tard, entre 1911 et 1927, fut directeur du lycée Engelbert-Kaempfer. Au sein du conseil d'administration œuvrèrent également Mademoiselle Theopold, Madame le professeur Winter, Madame Geheimrat Overbeck et Madame le professeur Schulz. Le trésorier était le « Kommerzienrat » (conseiller commercial privé du kaiser) Potthoff, qui demeura en poste au sein de l'association pendant des décennies. Les dames membres du comité d'administration étaient presque toutes des épouses de professeurs du lycée de Lemgo. 

En février 1918, le Conseil proposa de reporter les prochaines élections du conseil d'administration à l'année suivante. La proposition fut votée à l'unanimité lors de l'Assemblée générale. Évidemment, cette décision fut ensuite l'objet de critiques. Lors d'une réunion des membres en avril 1918, la présidente Hanna Schurig démissionna et Madame Geheimrat Overbeck lui succéda. La vice-présidente était Madame Bertha Theopold. Le trésorier demeura le « Kommerzienrat » Potthof ; les secrétaires furent le pasteur Eilers et le proviseur Schierholz.

En mars 1918, à Brake, une antenne indépendante de l'Association patriotique des femmes fut mise en place, qui comptait déjà 800 membres lors de sa fondation (LP, 03/12/1918).

Avec le déclenchement de la guerre, l'antenne de l'Association patriotique des femmes de Lemgo appela dans le Lippische Post du 17 août 1914 à une collecte d'objets en or et en argent pour remplir les caisses de l'Association et ainsi être en mesure d'aider les blessés.

Le 21 août 1914, eut lieu un nouvel appel. Cette fois, il s'agissait de dons de bienfaisance, dont la collecte fut organisée dans un poste de collecte central dans la Stiftstraße. Comme dons de bienfaisance, 

on acceptait notamment : des cigares, du tabac, du chocolat, des gâteaux, de la limonade, du vin, du jambon fumé et des saucisses, des conserves et du savon. Comme la guerre se poursuivait, le sens des cadeaux de bienfaisance commença à perdre en importance. Dès 1916, on se plaignait de la disposition générale en déclin à l'heure de faire des dons.  Début 1917, le site de collecte de dons de bienfaisance fut complètement fermé.

Sous la direction du couple de professeurs Winter, de la laine, propriété de l'association et de l'administration de l'armée, fut utilisée pour fabriquer des paires de chaussettes pour les soldats. Les femmes et les jeunes filles qui tricotaient les chaussettes étaient rémunérées. Le paiement d'une rémunération provient d'un article paru dans le Lippische Post du 31 août 1914 qui appelait à ne pas voler le travail aux femmes issues des couches sociales les plus pauvres (c'est-à-dire les femmes des soldats), à travers le travail bénévole des associations de femmes, qui, elles, pour la plupart, étaient issues de familles plus aisées.

Pour le travail de bienfaisance, la ville avait été divisée en huit districts, chacun attribué à une dame de l'association. La population dans le besoin recevait des denrées alimentaires (de la LWG) et de l'argent. 

En outre, il y avait aussi des activités de blanchisserie pour les femmes dans le besoin ou enceintes, pour soulager leurs souffrances. 

Le bureau d'assistance aux prisonniers de guerre de l'association prenait soin des prisonniers de guerre allemands à l'étranger, en leur envoyant des colis et de l'argent ou des cadeaux à Noël (gâteaux, cigares...). 

Dans la vieille école de Töcter (maintenant, archives municipales), un cours de chaussure fut mis en place pour remédier au manque de chaussures en les fabriquant soi-même. L'association participa également, avec une somme d'argent considérable, à la collecte destinée aux soldats qui étaient de retour (les cadeaux dits de remerciement aux soldats).

Comme partout ailleurs dans l'Empire allemand, un foyer du soldat fut mis en place à Lemgo sous les auspices de l'Association patriotique locale des femmes de Lemgo. Selon le rapport annuel de l'Association pour l'année 1915, à la fin de février de cette année, un foyer du soldat fut installé dans une maison au 26 de la Rampendalstrasse, puis, à partir du 1er décembre 1915 dans une autre maison située au 116/118 de la Mittelstraße (Commerce de produits manufacturés David Netheim) où l'on disposait de locaux plus grands. Dans le foyer du soldat, les soldats pouvaient séjourner sans contraintes. Des meubles, des journaux, un piano, un accordéon et des jeux étaient à leur disposition gratuitement. Les horaires d'ouverture étaient limités alors au dimanche de 13 h 30 à 21 h. En août 1915, à la demande de l'administration de la garnison, le foyer fut ouvert tous les jours. On pouvait y recevoir des cigares, des cartes postales et de la nourriture. Les rations s'améliorèrent progressivement ; au début, il n'y avait que du café, des produits de boulangerie et puis, grâce au soutien de la LWG, il y eut ensuite également des petits pains avec du beurre et quand ce dernier vint à manquer, on les tartinait avec de la confiture. L'ouverture aussi le soir fut très bien accueillie. De la soupe avec du pain, des plats avec des pommes de terre, de la salade ou des pommes de terre en robe des champs furent finalement également offerts. L'été 1916, les soldats qui travaillaient sur les terres exploitées par le bataillon, purent recevoir leur dîner au foyer gracieusement. Jusqu'au 1er août 1916, il y eut 233 personnes. Des soldats dans le besoin, 

qui ne recevaient aucun soutien de chez eux, avaient la possibilité de dîner gracieusement dans le foyer. 

Avec la dissolution du bataillon de remplacement à Lemgo, le 31/12/1917, l'époque du foyer du soldat était aussi révolue. Les locaux de la Mittelstraße furent utilisés jusqu'au 1er avril 1918 comme salle chauffée et salle de lecture ; les stocks furent vendus afin de remplir les caisses de l'association.

L'Association patriotique des femmes se chargea pendant la guerre de l'éducation et des soins des enfants dont les pères étaient au front et dont les mères travaillaient.

Lors d'une réunion du conseil d'administration de l'association, le 15/02/1917, il apparut clairement que la majorité des personnes présentes, y compris la princesse Carola de Lippe qui insista particulièrement à cet effet, considérait la création d'une garderie d'enfants non seulement souhaitable, mais nécessaire. Une minorité n'en voyait pas la nécessité. Une annonce dans le Lippische Post (20/07/1917) faisait état de la recherche de locaux appropriés. La garderie devait accueillir des enfants de 8 mois à 4 ans. 

Ils seraient déposés le matin, déjeuneraient à midi et seraient récupérés le soir. Les mères ne devaient pas se faire de soucis pour leurs enfants, pendant qu'elles vaquaient à leurs occupations. Une infirmière auxiliaire avait été embauchée en tant que directrice et devait être assistée d'une bonne. Différents locaux avaient été écartés pour de raisons non précisées. Dans un article paru dans le Lippische Post du 21/04/1917, on peut lire que la maison de Mittelstraße 1 avait été utilisée comme garderie. Dans le même temps, on recherchait toujours des meubles (armoires, commodes, lits...). Selon la réunion du Conseil tenue le 19/04/1917, une demoiselle Bussemeier avait alors repris la crèche, puis Madame Hold du conseil d'administration. Elles étaient soutenues par les diaconesses.  La LWG fournissait la nourriture. Le jour officiel d'ouverture fut le 1er mai 1917 (LP, 28/04/1917). En juillet 1917, la princesse Carola de Lippe accepta de parrainer la garderie. 

La garderie fut finalement fermée le 1er avril 1919. Le nombre d'enfants était tellement descendu après la fin de la guerre, que son fonctionnement n'était plus rentable. En moyenne, 25 enfants fréquentaient la garderie en 1918. À la fin, ils n'étaient plus que 13. Grâce à de généreux dons, la garderie put fermer sans laisser de dettes, malgré son activité déficitaire.

Le transport des soldats blessés de la gare de Lemgo dans l'un des deux hôpitaux était assuré par les membres de la colonne sanitaire et, apparemment, par les brancardiers auxiliaires qui étaient restés au pays. Lors de la réunion du conseil du 4 avril 1916, des bons de transport furent mis en place à cet effet pour la première fois. Les membres de la colonne devaient recevoir 1 mark par transport et par personne à l'intérieur de la ville. Pour les transports hors de la ville, les tarifs étaient calculés au cas par cas. Lors de l'assemblée générale, le 16 avril 1917, Sternheim rapporta que 206 blessés avaient été transportés au cours de l'année écoulée. L'Assemblée générale tenue après la fin de la guerre, en 1919, établit un bilan de 130 transports avec au total 488 militaires blessés et malades.

On peut déduire de l'annonce parue dans le Lippische Post du 1er septembre 1916 qu'une démonstration de gymnastique des sections d'hommes et de femmes fut organisée au profit des soldats revenus du front. Les performances furent accompagnées par la fanfare militaire du deuxième bataillon de réserve du 67e régiment d'infanterie qui était stationné à Lemgo. On ne sait pas quels hommes étaient ici réellement en mesure de réaliser des performances de gymnastique, car, suite au déclenchement de la guerre, la plupart des gymnastes avaient été appelés et seuls les femmes et les enfants étaient restés chez eux. C'était donc les femmes qui avaient maintenu l'activité gymnastique en 1916. Lors de la journée de démonstration de gymnastique du 2 septembre 1917 à Lemgo, seul un «nombre réduit de membres gymnastes» parmi l'ensemble des clubs de gymnastique, ce qui fut perçu positivement, semblait «être en bonne santé et aptes pour le service dans l'armée» (LP, 05/09/1917).

Dans les archives du TV Lemgo (dépôt dans les archives municipales Lemgo), figure une collection de lettres de poste de campagne, envoyées par des gymnastes depuis le front à l'association et à leur famille. Au total, 8 lettres et 97 cartes postales y sont conservées.  La moitié date de l'année 1914, un tiers de l'année 1915 et le reste des années 1916 et 1917. Il s'agit souvent de lettres de remerciement pour les colis et les cadeaux de Noël reçus ou tout simplement de marques d'affection à ceux qui sont restés chez eux.

Dans une lettre provenant du front de décembre 1914, on rapporte aussi les fêtes de Noël particulières célébrées sur le front anglo-allemand :

"Nord de la France, le 27 décembre 1914. Chers camarades du club de gymnastique, tout d'abord, je vous remercie pour ce joli paquet de Noël, qui m'a beaucoup réjoui. […] Nous avons célébré Noël ici sur place ; nous avions un petit arbre de Noël que nous avions décoré en conséquence dans notre abri. La bière de Dortmund n'a également pas manqué. La journée s'est passée tranquillement, l'infanterie avait accordé une trêve et des visites réciproques ont été faites dans les tranchées, beaucoup d'Anglais parlaient un peu l'allemand et nous avons été en mesure de communiquer avec eux. Leur moral n'était pas bon. Ils n'avaient pas de pain et ne recevaient plus les journaux de leur pays. Nous avons donc fait du troc. Jusqu'à maintenant, on leur avait raconté les grandes victoires des Russes, à travers nos journaux, ils ont pris connaissance d'autres informations et savent désormais de quoi il retourne. […] Merci beaucoup et je vous embrasse fort jusqu'à la prochaine Votre Ernst Blübaum".

Une carte postale de campagne montre les marques d'amitié du TV Lemgo aux gymnastes au front le jour de l'Ascension de 1916. Cette carte est revenue pour n'avoir pas pu être remise au destinataire, et c'est probablement la raison pour laquelle elle figure parmi la collection. La misanthropie de la guerre est démontrée dans une autre carte postale de campagne sous l'intitulé « Salutations de la Pologne russe », où figure un dessin comparant un juif russo-polonais à un pou russo-polonais. Malgré la participation de nombreux soldats juifs dans l'armée allemande, l'antisémitisme n'était pas un phénomène inconnu.

En 1917 (LP 20/01/1917), les trois quarts des membres avaient été « appelés sous les drapeaux », de sorte qu'il semble que la vie associative était alors pour ainsi dire inexistante. Les membres qui étaient restés dans leurs villes n'y portaient pas l'intérêt nécessaire pour «préserver les réalisations et les prestations des associations d'anciens combattants accomplies jusqu'alors, les augmenter, ou les promouvoir» ; l'argent et une participation active faisaient défaut. Il n'y eut pas d'inscription de nouveaux membres. Le nombre de membres s’élevait à 364. Trois camarades étaient tombés, 185 hommes furent appelés. Les conférences n'eurent pas l'écho attendu. Le soutien aux familles des combattants constituait un point central du travail. Plus tard, l'association des anciens combattants s'enrichit d'une bibliothèque et programma des conférences avec projection de diapositives.

Le nombre de membres de l'association au 01/02/1918 était de 341 hommes (l'année précédente : 356), deux hommes étaient tombés dans les tranchées (le lieutenant Schirneker et le « Landsturmmann » Davidsohn). Sur le terrain, il y avait 196 camarades. Aucune nouvelle incorporation n'a été enregistrée. Des événements au profit des combattants (projections de films, concerts) furent organisés et les membres furent incités à intensifier leur activité de promotion pour le projet. Entre temps, les réunions avec une participation déjà faible furent complètement suspendues. Ce n'est qu'après la guerre que le nombre de participants atteint à nouveau le nombre de 70 personnes (LP, 18/02/1919). La répartition des remerciements aux combattants était une tâche majeure de l'après-guerre, 723 demandes avaient été soumises.

La journée scolaire avait également été influencée par diverses et nombreuses campagnes de collecte de fonds, comme on peut le constater dans la chronique de l'école de Wiembeck :

"Si la grande capacité d'abnégation et l'esprit de sacrifice du peuple prussien en 1813 avaient déjà été soulignés dans beaucoup d'histoires et tableaux, en 1914 ils n'étaient pas moindres ! À l'école de Wiembeck, un poste de collecte de la « Croix-Rouge » a aussi été mis en place. Au cours du premier hiver, 21 pièces de tissu en lin, 31 serviettes avaient déjà été collectées. 18 draps, 30 chemises. Beaucoup de femmes de la communauté se réunissaient dans la salle de classe pour préparer des choses, plusieurs machines à coudre étaient utilisées, d'autres femmes s'occupaient de la découpe ou de coudre à la main, afin que les produits puissent être livrés dans le poste principal de collecte à Detmold. Mais l'activité de collecte ne s'arrêtait pas là. Une photo nous donne un aperçu de la variété et des quantités qui avaient été collectées dans notre école [...]. En janvier et février 1917, une grande collecte de lard eut lieu à la demande du maréchal Hindenburg, en soutien aux travailleurs dans l'armement, la dénommée collecte de Hindenburg, pour laquelle notre communauté apporta environ 60 kg de lard. Ce fut un très bon résultat, étant donné que dans le pays tous les aliments étaient rationnés depuis longtemps et que chaque personne avait droit à seulement 50 livres de poids de carcasse de porc».

À l'école St Johann en 1917 :

« Le 5 février, notre classe supérieure a joyeusement participé à l'achat de bois de chauffage en provenance de la forêt pour les personnes démunies qui habitaient dans les zones urbaines et rurales. - Les deux collectes pour le don de Hindenburg ont eu beaucoup de succès. Dans notre communauté habitée uniquement par des soi-disant petites gens : 140 kg ont été collectés ou apportés volontairement. De nombreux donateurs ont renoncé à être payés. - Un certain nombre de jeunes a volontairement porté sur des traîneaux du charbon et du bois aux femmes de soldats et a donc contribué à sa façon au « service d'assistance».

Encore à Wiembeck :

«Le printemps de 1918 a apporté un très beau temps. Déjà à la mi-avril, les travaux dans les champs avaient pu se terminer et le 23 avril, la forêt était verte. Un bel été sec a suivi. Le bétail trouvait peu de nourriture dans le pâturage. Au front, les chevaux manquaient aussi de nourriture. Dans toutes les écoles, un appel fut lancé pour dépouiller les feuilles des haies et des jeunes hêtres et les livrer à l'état vert ou séché, moyennant rémunération, dans les centres de collecte. L'argent était payé pour la plupart par des enseignants directement aux enfants, certains élèves utilisaient l'argent pour l'achat de matériel scolaire. Les habitants ont fait neuf collectes, les cours ont donc été annulés. La quantité relativement importante d'environ 30 quintaux de feuilles fraîches et 19 quintaux de feuilles pour le fourrage fut livrée au poste de collecte de Dörentrup, comme on peut le voir dans le tableau en annexe. Le feuillage fut ensuite pressé et utilisé au front comme aliment pour les chevaux. Aux mois de septembre et octobre, l'école recueillit 6 quintaux de faines, à partir desquelles on produisit de l'huile pour les foyers et pour le front. Beaucoup de particuliers collectaient des faines, notamment celles qui n'avaient pas de graines de pavot ou du colza dans leurs parcelles, afin d'obtenir une huile à usage domestique. Partout, des dispositifs d'extraction d'huile furent remis en place, ainsi également dans la scierie-moulin de Brake. De l'églantier et des glands, des châtaignes et des noyaux de cerise, des plantes médicinales et des orties furent aussi recueillies par l'école. À partir des orties séchées, on voulait obtenir une matière fibreuse, car il n'était plus possible d'importer du coton».