Bildausschnitt Fritz Ohle, Landesmuseum Detmold
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Themenübersicht zur Vorkriegszeit / Zeit vor 1914

"Avant que nous ne portions notre attention sur les environs de Lemgo, encore quelques mots sur la ville dans sa situation actuelle. Elle a environ 9000 habitants qui vivent pour partie de la terre et pour partie de l'industrie. Autrefois Lemgo était célèbre (à côté de Vienne et Ruhla) en tant que lieu de fabrication de l'écume de mer. Il n'y a plus aujourd'hui que deux entreprises actives dans cette branche de l'industrie (Bernhard Tille et Wilhelm Emmerich).

Hormis une brasserie, un tissage de lin et une grande distillerie, on trouve différentes fabriques de cigares. La fabrication de voitures et la sellerie et bourrellerie de luxe sont aussi à remarquer. Il y a peu de temps une firme de Lemgo (la Maison Hugo Scheidt) a livré au souverain un coupé cossu, ainsi qu'un landau et une demi-décapotable au prince Leopold de Meinberg, ce qui constitue une preuve que les fabricants de voitures de Lemgo sont en mesure de satisfaire les exigences les plus délicates. La sellerie princière de la Lippe des frères Koch, qui jouit de la meilleure réputation dans et hors de la région est également performante.

La ville possède sa propre caisse d'épargne, un abattoir, une usine à gaz et une adduction d'eau. Le réseau de distribution d'eau a été créé en 1900 et délivre une eau de source d'excellente qualité, qui est captée en deux points des environs de Lemgo, et approvisionne la ville au moyen de canalisations. Le projet de distribution a été établi ; quelques rues sont déjà équipées.

Ainsi Karl Ottenmeyer présente-t-il Lemgo en 1907 dans ce guide, où la description des maisons bourgeoises en pierre ou à pans de bois, des églises, des oeuvres d'art et des évènements historiques en constitue naturellement la partie principale. Deux aspects contemporains semblent significatifs pour l'auteur : les entreprises industrielles ou commerciales et les infrastructures modernes. Il est douteux que l'on puisse considérer aujourd'hui une usine à gaz ou un abattoir comme des attractions touristiques adéquates. Au tournant du siècle elles exprimaient pourtant une forme du progrès et devaient être montrées : Lemgo était entrée dans la modernité."

Sur le plan de la ville de Gier (vers 1885) Lemgo présente encore la structure d'une ville médiévale. L'urbanisation se concentre clairement dans le domaine  à l'intérieur des remparts, en suivant l'ancien tracé des rues. Plus densément urbanisée au nord (vielle ville) et moins densément au sud (neuve ville). Le long des sorties de ville vers Rinteln, Detmold, Lage et Herford on observe les premières ébauches d'urbanisation extérieure. Les implantations industrielles sont dispersées dans les secteurs encore non bâtis. La possibilité de s'établir dans le Feldmark, (zone de champs et de pâtures faisant partie de la ville mais hors les murs), a été ouverte par la municipalité seulement en 1867. Auparavant chaque projet de construction dans une nouvelle zone de peuplement nécessitait une autorisation spéciale du conseil.

On trouve dans le guide "au travers de Lemgo et de ses environs" un plan de situation de la ville de Lemgo, qui seulement quelques décennies plus tard  montre déjà clairement les prémisses d'un réseau de rues plus dense à l'extérieur des murs de la ville. Les rues sont le plus souvent seulement désignées par des nombres, ce qui dénote une viabilisation commençante ou planifiée pour des lotissements. On reconnaît également au nord l'hôpital de la ville œuvre de la fondation Wolff et inauguré en 1900, qui fût utilisé pendant la guerre comme hôpital militaire.

Un important projet d'infrastructure de Lemgo était certes sous-entendu dans les guides, mais non explicitement mentionné : la gare de chemin de fer. Si les premières tentatives pour disposer aussi à Lemgo d'une connexion ferroviaire remontent au milieu du dix-neuvième siècle, il a fallu attendre pour les voir couronnées de succès jusqu'au 8 juillet 1896 avec l'ouverture solennelle de la gare située sur la section Lage-Hameln. Au voisinage de la gare (rue de Lage, Grevenmarsch) se développa par la suite une zone industrielle, industrie du bois principalement. De nombreux hommes de Lemgo sont bien sûr partis pour la première guerre mondiale par le train. De cette gare ont également été embarquées les cloches des églises de Lemgo en tant que don de métal pour la guerre.

Encore non visible sur ce plan de la ville : sur le Bruchweg, l'usine électrique construite en 1911 aujourd'hui usine de la ville de Lemgo. Jusqu'à cette époque la lumière artificielle était produite à Lemgo soit par des bougies, ou à partir de pétrole ou du gaz. L'usine à gaz, située un peu plus au sud, du côté du site actuel de la Poste sur le Bruchweg, avait été fondée comme compagnie privée en 1864 en vue d'assurer avant toutes choses l'éclairage des rues de la ville.

Pour identifier les groupes sociaux et professionnels à Lemgo en 1900 une "Alphabetisches Verzeichnis der selbständig lebenden Bewohner und der kaufmännischen Firmen der Stadt", (liste alphabétique des habitants et des firmes commerciales de la ville" publiée dans le "Adreßbuch der Stadt Lemgo, 1909" (1ère édition) a été exploitée.

Les groupes (professionnels) suivants ont pu ainsi être formés : 

Ouvriers : en particulier de l'industrie et cigariers/cigarières respectivement. 

Sans profession : avant tout femmes non mariées et veuves.

Artisanat : aucune distinction entre artisans indépendants ou non (compagnons).

Rentiers : vivent de leur capital ou de ses intérêts.

Emplois de service : charretiers, employés de maison.

Employés : employés hors artisanat et employés de maison.

Services publics : administrations communale, judiciaire, et financière, y compris employés de la poste et des chemins de fer et enseignants.

Professions indépendantes : commerçants, fabricants, petits détaillants, médecins, avocats, … (hormis artisans).

Autres : personnes sans métier, le plus souvent les chanoinesses de St. Marien et les pasteurs. 

Dans cet aperçu ne figurent ni les femmes mariées ni les enfants, du fait de la méthode de recensement choisie. 

On observe que dans la répartition les ouvriers de la tuilerie et de l'industrie représentent approximativement à part égale avec l'artisanat la plus grande partie. Le secteur agricole, en dépit du qualificatif encore courant au 19ème siècle de "bourg rural" ne représente pas une fraction significative. On doit cependant prendre en considération le fait que probablement de nombreux habitants de Lemgo menaient une petite activité annexe dans le domaine agricole ou du moins possédaient un jardin. Les travailleurs indépendants, parmi lesquels on doit compter une grande partie du secteur artisanal, représentent le troisième pilier de la vie économique de la ville. Le domaine de l'administration, et respectivement des services publics, est encore peu marquant et est surtout dominé par les employés des chemins de fer et de la poste.

Lorsque la guerre éclata en 1914, la plupart des Allemands s'attendaient à ce qu'elle soit courte et violente. Le maître d'école Krumsiek de Wiembeck le formule rétrospectivement ainsi, dans sa chronique de l'école et de la guerre, en 1924 : "A l'époque, on était d'avis dans les cercles de spécialistes que la guerre, compte tenu du niveau de la technologie militaire et des millions de soldats engagés, pourrait durer au maximum six à huit semaines. Comment pourrait-il en être autrement!"(Stadtarchiv H 12/78). Dans les préparatifs de guerre, les opérations militaires et tactiques avaient certes été prévues, mais le financement de la guerre et le ravitaillement de la population civile avaientt été négligés. Cela devait se payer avec le début du blocus naval britannique. L'Allemagne, dépendante de ses importations, fut brutalement coupée de toutes les ressources extérieures (en matières premières, denrées alimentaires ...).

La date de fondation et les circonstances précises de la fondation de cette antenne de l'association à Lemgo ne sont pas claires. 

Les listes des membres ne sont malheureusement plus disponibles, mais, par contre, il existe un vaste registre de procès-verbaux tenus entre 1915 et 1938, année de la dissolution et de l'incorporation dans la Croix-Rouge allemande. Ponctuellement, figurent également dans le registre les noms des femmes qui toutes faisaient partie des couches sociales élevées de la ville. Il existe peu d'informations sur les activités de l'Association avant la guerre. Les aides financières aux personnes les plus défavorisées (fondations d'utilité publique et d'aide sociale), les soins et les aides apportés aux enfants en bas âge et l'organisation de cures (thermales) en faisaient partie. En outre, l'association dirigeait depuis 1904 ladite maladière (Rampendal 64), une sorte de maison de retraite. Auparavant, il s'agissait de l'emplacement du seul hôpital de la ville - fondé en 1877 - jusqu'à son remplacement par un nouvel hôpital à la Rintelner Straße (Fondation Wolff) en 1900-1901, ce qui l'avait rendu obsolète. La direction de l'hôpital à Rampendal était aussi contrôlée par l'association, qui de ce fait aurait donc été fondée avant 1877.

Adolf Sternheim (Foto Städtische Museen Lemgo)

La colonne sanitaire et de soldats bénévoles de Lemgo fut fondée en 1911 par le citoyen d'origine juive Adolf Sternheim. L'objectif principal était le recrutement de brancardiers et la formation de personnel soignant. À cet effet, des soirées d'exercice régulières sous la direction d'un médecin étaient organisées. 

La colonne sanitaire était à l'origine à l'initiative des associations d'anciens combattants. Ils mettaient leurs membres à disposition de la Croix-Rouge en temps de guerre. Ils furent utilisés comme personnel d'accompagnement et de transport pour les soldats blessés. En temps de paix, ils apportaient leur aide lors d'accidents et de catastrophes.

Les livres des minutes de la colonne sanitaire de Lemgo figurent dans les archives de la ville et couvrent toute la période de la Première Guerre mondiale. 

Le club de gymnastique de Lemgo fut fondé, en tant que quatrième club de gymnastique de Lippe, en 1863, à l'initiative des gymnastes de Hamelin, qui étaient partis en excursion vers l'inachevé « Hermannsdenkmal » (monument d'Hermann) à Detmold. Le club de gymnastique avait d'abord une orientation politique de gauche libérale et ses membres étaient principalement issus de la bourgeoisie libérale de Lemgo. Après 1900, la tendance générale qui prévalait dans l'association était plutôt nationale. On cherchait une coopération avec l'Association locale des anciens combattants. Au début, le TV Lemgo ne comptait que des membres masculins ; les femmes ne pouvaient agir qu'en marge et non en tant que membres actifs. En 1911, un groupe de gymnastique féminin fut incorporé au TV Lemgo. En 1913, le TV comptait 138 membres de plus de 18 ans.

Les associations d'anciens combattants comptaient parmi les associations de vétérans qui avaient essayé de regrouper des anciens combattants, afin de faire valoir leurs intérêts dans les domaines sociaux, économiques, politiques et culturels. Les premières associations d'anciens combattants étaient déjà apparues à la suite des guerres de libération contre Napoléon. Elles avaient connu un véritable essor après les guerres de 1864, 1866 et 1870/71. Au sein du dénommé groupement de Kyffhäuser des associations nationales allemandes de combattants, les associations d'anciens combattants possédaient depuis 1900 une structure hiérarchique. Les membres des associations d'anciens combattants étaient recrutés parmi les ouvriers, les artisans, les petits commerçants et les petits fonctionnaires. Les élites et les notables gardaient leur distance vis-à-vis de ces associations. On commémorait les faits de guerre, on entretenait des tombes et des monuments aux morts, on organisait des soirées conviviales et l'on participait à des défilés et des rassemblements patriotiques.